Alcool : règles et idées reçues

 
 
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En France, il est interdit de conduire avec une alcoolémie égale ou supérieure à 0,5 g/l de sang pour la majorité des conducteurs ou 0,2 g/l pour les conducteurs novices (- de 2 ans de permis) ainsi que les conducteurs de transport en commun.

Comment se mesure l’alcoolémie ?

On détermine l’alcoolémie en mesurant la présence de l'éthanol soit dans l’air expiré avec un éthylotest chimique à usage unique (obligatoire dans le véhicule) ou un éthylomètre (utilisé par les forces de l'ordre), soit par une prise de sang. Chaque méthode donne lieu à une unité différente, 0.25 mg/l d'air expiré sont équivalents à 0.50 g/l de sang.

L’alcoolémie ne dépend pas seulement de la quantité d’alcool consommée, mais aussi du poids de la personne, du sexe, du temps entre chaque verres et de l'état de santé de la personne : nous ne sommes pas égaux face aux effets de l'alcool.

Les conducteurs novices semblent être particulièrement sensibles aux effets de l’alcool, qui  affecte  spécifiquement  les  compétences  qu’ils  n’ont  pas  encore  suffisamment développées. Les jeunes conducteurs les moins bons « techniquement » sont ceux qui vont être les plus perturbés par une dose donnée d’alcool. Même à des doses modérées, l’alcool perturbe les temps de réaction (simples et complexes), la précision des manœuvres, le maintien des trajectoires, le traitement de l’information visuelle, le temps de récupération de l’acuité après un éblouissement, l’attention divisée, etc.

Comment notre organisme élimine-t-il l’alcool?

L’alcoolémie maximum est atteinte environ au bout d’une heure après le dernier verre si la boisson est prise au cours d’un repas, une demi-heure si on est à jeun.

L'éthanol n'est pas un produit naturel et notre organisme le traite comme un toxique à diffusion rapide dans le sang.

L’élimination est assez longue : il faut environ 1 heure pour éliminer 1 verre, 2 heures pour 2 verres, etc. Ainsi, quand on boit une ½ bouteille de vin au cours d’un repas, on n’élimine cet alcool qu’au bout de 4 heures. Il ne faut surtout pas prendre le volant avant ce délai.

Même si on ne ressent pas les effets, l'alcool perturbe notre perception, notre analyse, notre appréciation et nos réflexes. Ainsi, avec 0.5g/l le risque d'accident est multiplié par 2, tandis qu'à 0.8 g/l il est multiplié par 10 par rapport à un conducteur sobre.

Effets de l'alcool dès 0.20 g/l

  • Coordination des mouvements perturbée
  • Temps de réaction augmenté
  • Désinhibition et excès de confiance entraînant une prise de risque accrue et une perception du danger diminuée
  •  Diminution de la sensibilité aux couleurs, notamment la couleur rouge associée aux dangers (feux tricolores, signalisation routière, voyants sur le tableau de bord, ...)
  • Inadaptation au changement de lumière, éblouissement
  • Réduction du champ visuel

Contre les idées reçues

Ce n’est pas parce que l’on a l’habitude de boire, que l’on tient mieux l’alcool. Pour retrouver ses esprits, cela ne sert à rien de prendre un grand café noir, de prendre une douche froide ou de sortir prendre l’air. Il faudra plusieurs heures avant d’éliminer tout l’alcool consommé. Il n'existe aucun produit pour atténuer le taux d'alcoolémie ou supprimer ses effets.

Diluer l'alcool en ajoutant de l'eau, des sodas ou des glaçons ne fait pas baisser la quantité d'alcool absorbée. La dilution permettra tout au plus de gonfler l'estomac et de provoquer une sensation de satiété. Pur ou dilué, le temps d'élimination sera le même.

Les auteurs d'accidents mortels ne sont pas des alcooliques pathologiques mais le plus souvent des buveurs occasionnels. Trop confiants sur des trajets connus, trop pressés, trop de conducteurs prennent le volant sans avoir toutes les capacités requises.

Dans le cadre professionnel

Depuis le 1er septembre 2015, l'éthylotest anti-démarrage (EAD) est obligatoire dans les auto-cars affectés au transport en commun de personnes. Détails de la mesure sur le site service-public.fr

Dans les véhicules de service et de fonction, l'entreprise ou l'administration doit mettre à disposition un éthylotest chimique, au même titre que tous les usagers de la route.

L'état d'ébriété est une faute grave pouvant entraîner un licenciement. L'employeur doit prendre les mesures pour faire raccompagner la personne alcoolisée (SAMU, pompiers, taxi, famille, ...) et définir la sanction proportionnée. Si le règlement intérieur ou une note interne prévoit la sobriété, une mise à pied peut être prononcée à titre conservatoire, dans l'attente d'une sanction disciplinaire voire d'un licenciement.

La prévention doit s'appuyer sur le règlement intérieur pour encadrer les pots de départ, la présence d'alcool sur le lieu de restauration (cantine ou cuisine en libre accès) et les mesures de contrôle.

Consultez le guide "l'alcool sur le lieu de travail" réalisé par les services de l'Etat de Basse-Normandie en 2007.

Avant la soirée : prévoyez le retour !

Si vous devez conduire, il est recommandé de ne pas boire ou de confier le volant à un proche sobre : désignez SAM, celui qui conduit, c'est celui qui ne boit pas !

Sachez dire non au "dernier verre" pour vous et ne pas entraîner les autres, servez avec modération et ne proposez pas d’alcool à quelqu'un qui vous parait avoir suffisamment bu.

Dans votre entourage, retenez ceux qui  ont bu pour les empêcher - vraiment - de reprendre le volant :

  • installer une boîte à clés de voiture en début de soirée,
  • utilisez un éthylotest pour contrôler en cas de doute,
  • organisez un covoiturage avec un chauffeur sobre,
  • installez un couchage pour dormir sur place, etc.

La Sécurité routière renouvelle, à la télévision, sa campagne de prévention pour une prise de conscience collective, en s’adressant à l’entourage de celui qui a bu et qui veut reprendre le volant : « Quand on tient à quelqu’un, on le retient ». 

Pour en savoir plus

Page Alcool et conduite de la Sécurité routière 

Conseils de SAM, conducteur désigné http://www.ckisam.fr/ 

Réseaux sociaux, contribuez sur la page Facebook de SAM

Aide et conseils sur le site Alcool info service et par téléphone 0 980 980 930 (numéro non surtaxé, 7 jours sur 7 de 8h à 2h)

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